En 1928, les deux frères Raymond et Georges Clavien achètent le domaine de Châtroz de 27 hectares. Ils le réhabilitent et y plantent vignes et arbres fruitiers, tandis que l’ancienne ferme développe l’élevage laitier. Après 7 ans de labeur, le pacte de collaboration entre les deux frères est scellé par la fondation de Clavien Frères sàrl. Dès 1942, le bâtiment destiné à l’entreposage et à la commercialisation des produits de l’exploitation est construit, le long de la Morge, entre le domaine et la route cantonale.
et de vins en gros
En 1947, les deux frères élargissent leur activité ; ils ajoutent le commerce de fruits et de vins en gros à l’exploitation agricole de l’entreprise. En 1955, l’entreprise abandonne l’exploitation agricole et la ferme pour se concentrer sur son activité commerciale et sur la vinification — elle dépose la marque Fendant Fin Bec. Elle devient une société anonyme en 1961.
Raymond décède en 1962. L’entreprise est alors réorganisée : les enfants de Raymond reprennent le commerce de vins alors que Georges et son fils Léo concentrent leur activité sur le commerce de fruits.
industrielle de fruits
Dès 1973, Léo Clavien imprime une nouvelle direction à l’entreprise, sans pour autant abandonner la commercialisation de fruits. Les années 1960 et 1970 sont marquées en Valais par des crises de surproduction agricole récurrentes, notamment de tomates. Elles se manifestent de façon spectaculaire par la destruction des surplus, parfois déversés dans le Rhône. Soucieux de répondre à cette situation, Léo Clavien entreprend des essais pour utiliser industriellement ces excédents. En 1974, l’entreprise se dote de machines qui permettent la fabrication de concentré de tomates. En 1978, le parc de machines est complété de manière à pouvoir traiter industriellement d’autres fruits : abricots, pommes, poires, fraises.
Sous la marque Fruitel, l’entreprise propose dès la fin des années 1970 tout un assortiment de jus de fruit pulpeux — abricot, fraise, poire — ainsi que du jus de pomme et diverses purées de fruit. Le commerce de fruits en gros perd en importance, au profit de l’activité industrielle de la maison. Cette nouvelle priorité est formalisée par la création de Technofruit SA en 1980, qui devient Fruitel SA en 1988.
En 1998, Frutonic prend la place de Fruitel. Sous la direction de Jean-Yves Clavien, fils de Léo, le commerce de fruits est abandonné pour se concentrer uniquement sur la transformation industrielle de fruits et légumes. Frutonic devient avant tout une cidrerie, la seule en Valais, disposant d’une presse qui assure une capacité de pressage de 100 tonnes par jour. L’entreprise s’impose rapidement comme un acteur central du monde agricole, en traitant environ 80% des pommes à cidre du Valais.
En 2010, l’installation d’une machine dédiée à la transformation en purée marque une étape importante pour Frutonic. Elle permet de mieux valoriser une plus grande diversité de fruits du Valais, au-delà de la pomme à cidre, en offrant une solution industrielle aux fruits déclassés. Cette évolution renforce le rôle de Frutonic comme acteur de transformation au service de l’agriculture régionale, en donnant une issue durable à des volumes de fruits qui ne trouvent pas de débouchés sur le marché frais.
Depuis quelques années, Frutonic s’est lancé dans un pari audacieux : produire et conditionner de la compote en Suisse, un marché jusqu’alors dominé par les produits importés. Le résultat ? Une gamme de compotes sans sucres ajoutés, sans concentrés ni additifs, présentée en emballages individuels, idéale pour la consommation nomade. Ce nouveau produit connaît rapidement un grand succès, qui repose aussi sur un partenariat stratégique avec Les Fruits de Martigny, et incarne la capacité de l’entreprise à faire émerger des solutions locales face à une concurrence globale.